Pénalisation de l’homosexualité

Sierra Leone

 

1.Pénalisation de la sodomie

Le crime de “sodomie” est pénalisé par le Offences Against the Person Act, hérité du Royaume-Uni mais qui est resté inchangé depuis l’indépendance de la Sierra Leone, le 27 avril 1961. L’article 61 de cet acte dispose ainsi : 

Whosoever shall be convicted of the abominable Crime of Buggery, committed either with Mankind or with any Animal, shall be liable, at the Discretion of the Court, to be kept in Penal Servitude for Life or for any Term not less than Ten Years.”

De même, la tentative est elle aussi punissable au sens de l’article 62 de ce même acte. 

Whosoever shall attempt to commit the said abominable Crime, or shall be guilty of any Assault with Intent to commit the same, or of any indecent Assault upon any Male Person, shall be guilty of a Misdemeanor, and being convicted thereof shall be liable, at the Discretion of the Court, to be kept in Penal Servitude for any Term not exceeding Ten Years and not less than Three Years, or to be imprisoned for any Term not exceeding Two Years, with or without Hard Labour.”

Cette loi semble être appliquée de façon inconstante. ILGA World a relevé jusqu’à six exemples d’application de la loi, sans que ces derniers ne donnent lieu à des poursuites, ni même à des accusations formelles.

2. Dispositions pénalisant indirectement les personnes LGBTQ+

L’article 7 de la Loi relative à l’ordre public dispose que :

« Any person loitering in or about any stable house or building, or under any piazza, or in the open air, and not having any visible means of subsistence, and not giving a good account of himself, shall be deemed an idle and disorderly person, and shall, on conviction thereof, be liable to imprisonment for any period, not exceeding one month.».

Cette disposition, par son caractère vague, permettait ainsi des arrestations et peines arbitraires. Ce flou juridique a notamment permis une discrimination envers les personnes LGBTI+, qui sont souvent matériellement plus défavorisées et dont l’apparence physique, pour les personnes transgenres par exemple, peut être considérée comme “not giving a good account of himself”.

La Cour de Justice de la CEDEAO a cependant jugé, dans l’arrêt Advocaid Ltd v. Republic of Sierra Leone du 7 novembre 2024, que cette disposition était contraire aux principes d’égalité, de non-discrimination, du droit à circuler librement et à l’obligation de prendre des mesures législatives qui confèrent des effets aux droits fondamentaux issus de la Charte Africaine des droits de l’Homme et des peuples. À ce jour, aucune source publique accessible ne permet de confirmer que l’arrêt AdvocAid Ltd v. Republic of Sierra Leone du 7 novembre 2024 a été pleinement exécuté par une réforme législative en Sierra Leone.